05.07.2006
Fin de partie !

Voilà, j'ai le sentiment d'arriver au terme de la partie que j'ai commencé à jouer il y a tout juste un an.
Ce soir je quitte ma société, demain je pars en congés et dans un mois je reprends un nouveau job avec un nouveau chef, de nouvelles équipes, un nouveau budget, de nouveaux objectifs et un peu moins d'illusions.
Si je devais faire un bilan de cette année (de blogging) passée, je commencerais par quelques chiffres :
- premier billet le 13/07/05 (le blues du cadre en entreprise)
- 165 billets édités depuis
- au 30 juin dernier, 29 614 visiteurs pour 134 818 pages vues
- meilleure audience le 26 mai dernier avec 212 visites
- 37 commentaires (les spam ont été éliminés)
- audience la plus faible enregistrée le 16 février avec 16 visiteurs
- sur la fréquentation mensuelle, un visiteur vient en moyenne 9 fois sur ce site
- 21 vidéos présentées (l'une d'elle est directement insérée sous forme de lien dans un des billets sans être repris dans la catégorie vidéos - à vous de la trouver !)
- 7 weblogs qui pointent vers ce site :
Bien mais, au-delà de la froideur des chiffres, je retiens que ce weblog m'a permis de trouver une issue "ludique" à l'impasse professionnelle dans laquelle je me suis trouvé. A l'origine, ce weblog était conçu comme un coup de gueule. Dire tout haut l'injustice dont j'étais victime.
Avec le recul, je réalise que l'injustice est une constante dans les modes de management mis en place par nombre d'organisations, ou à plus justement parler par nombre de managers qui y trouvent là le moyen d'affirmer leur autorité hiérarchique et d'assurer par la même la pérennité de leur fonction. Et puis, il faut bien le dire, dans ces cas là on éprouve une tendance légitime et naturelle à croire que tous les maux de la terre se focalisent sur soi. A discuter avec d'autres cadres de mon organisation et d'ailleurs, j'ai pris conscience que tout le monde tend à un moment ou à un autre à revêtir les attributs de la victime exposée à la vindicte du chefaillon maniacho-pervers. Et puis pour être totalement honnête, il y a toujours pire : pas plus tard qu'hier je lisais un article paru dans Libération intitulé "Promotion matelas" sur les malheurs d'une cadre en milieu hospitalier.
Avec encore plus de recul, je réalise combien cette période (notamment de blogging) m'a été bénéfique pour restructurer ma pensée, construire une démarche éditoriale, mettre en place une méthodologie de recherche d'information et synthétiser cette masse. Bref, m'organiser pour ne pas sombrer dans la déprime qui guette tout cadre mis sur la touche. Pour faire simple, je me suis organisé une vie professionnelle virtuelle l'espace d'une année et sur la base de ce que j'ai construit et acquis comme connaissances, j'ai été recruté pour engager une autre aventure professionnelle, VERIDIQUE. Une période bénéfique, parce qu'au bout du compte, je sais que ce sont ceux qui restent qui ont tord !
Pour revenir à ce weblog, j'ai dérivé logiquement d'un site coup de gueule vers un site ressources à l'usage des cadres tout en gardant à l'esprit que le cynisme et la dérision sont les plus fidèles suppôts du cadre désabusé.
Voilà, après tous ces états d'âme, tranches de rire, tableaux grossiers de la vie dans une société organisée selon l'empilement de strates hiérarchiques déstructurées, j'en arrive à me demander comment poursuivre cette aventure éditoriale ? Aujourd'hui, je n'ai pas de réponse. Demain, peut-être, mais demain je suis en vacances. Alors après demain, sûrement ...
THE SHOW MUST GO ON !
17:40 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : fin
26.06.2006
Rendre à César ...
Dans un billet du début de ce mois, j'abordais la question du détachement par rapport aux objectifs professionnels. Par un étrange concours de circonstances, voilà que mon quotidien se télescope avec le passé récent alors que l'avenir me sourit à nouveau.
Explication : j'ai démissionné il y a tout juste 10 jours et en déjeunant ce midi avec mon nouveau futur directeur, celui-ci me lâche - avant le café - comme un signe de reconnaissance de mon professionnalisme : "vous avez raison, il faut se transcender !"
Fichtre, j'ai eu cette parole ? En tous les cas, mon futur responsable hiérarchique me l'attribue. J'espère qu'il n'y trouvera là pas prétexte à me presser le citron, d'autant que cette expression, je me souviens l'avoir entendue formulée par mon ancien directeur (celui qui m'a poussé vers la sortie).
J'ai déjà la pression alors que je commence mon nouveau job dans 2 mois.
Rendons à César ce qui lui appartient !
19:45 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : stress
15.06.2006
J'ai filé ma démission
C'a y est !
Je viens de passer du statut de "has been" (voir le billet sur les HP) à celui de démissionnaire.
C'est très simple et ce que je décrivais hier comme, a priori, un exercice difficile est en fait passé comme une lettre à la poste (avec AR).
J'ai passé un complet gris pour la circonstance (mais pas de cravate) et me suis imposé dans le burlingue de mon directeur.
- (Mon Directeur) : Tiens (en s'adressant à moi), t'as sorti ton costard aujourd'hui, tu fais la fête ?
- (Moi) : tu crois pas si bien dire. Mais c'est toi qui va pas être à la fête !
- (Mon Directeur) : assieds-toi !
- (Moi) : suis venu négocier ma reddition
- (Mon Directeur) : détends toi !
- (Moi) : voilà, ce matin, j'ai écris sur mon carnet de bal une équation à plusieurs inconnues dont le résultat est certain
- (Mon Directeur) : ???????????????????????????????
- (Moi) : dans cette boite, la somme des intérêts individuels pour que les dossiers n'avancent pas est supérieure à l'intérêt général. Je pars ...
CQFD !
15:37 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : démission
14.06.2006
DEMISSION !
Coup de chaud hier : j'ai décidé de filer ma démission.
Reste à savoir comment ?
- la jouer avec mise en scène sobre ("voici ma lettre chef, ..."), musicale ("je suis venu vous dire que je m'en vais, ..."), hollywoodienne ou plutôt à la John Woo (j'adore !) avec des cascades et feux d'artifices ("chef, c'a va péter : je pars ...") s'ensuit une série d'explosions qui pulvérisent le bureau du directeur
- la jouer façon terre brûlée ou après moi le déluge ; je balance sur untel qui se met les doigts dans le nez, sur machine qui couche avec machin, sur truc qui remplit son réservoir à essence à base de notes de frais, sur mademoiselle duchmol qui démine son écran à longueur de journée, sur le sous directeur (il y en a) qui vise les sous chemises et dessous des stagiaires
- la jouer en simulant l'effondrement ("je ne voulais pas partir, mais j'y suis contraint et forcé, je ne vous oublierai jamais ...")
- la jouer avec détachement, les jambes croisées sur le bureau du directeur ("Anybody got a match ? ..." et moi qui disparaît dans un nuage de fumée de cigarette qui se consume sur le bureau du directeur
- la jouer consulting ("chef, j'ai trouvé la réponse à votre problème, je pars ...")

Il y en a d'autres, je passe et comme la nuit porte conseil, je vais essayer d'organiser mes pensées. Il ne faudrait pas que je me rate sur ce coup.
Pour l'anecdote, j'ai fait une recherche dans Google sur 2 termes : "démission" et l'équivalent en anglais "resignation". Rien de tel pour mesurer le décalage entre nos 2 cultures ou comment l'exception culturelle française se vit dans le monde du travail.
Côté français, le moteur remonte des pages et des pages de sites à vocation juridique et réglementaire (vos droits, des exemples de lettres type, etc ...). Nonobstant : la démission c'est sérieux !
Côté anglais (ou plutôt US), les résultats que remontent le moteur de recherche sont dans une écrasante majorité des sites qui traitent de la démission sous son aspect le plus ludique. Après tout mieux vaut en rire, la démission est un nouveau départ et de ce point de vue il y a une lettre qui fait l'unanimité (l'original en anglais ; sa traduction française)
16:20 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : démission, lettre de démission
12.06.2006
Les premiers sont les derniers
Vous connaissez l'adage "premier arrivé, premier servi". Et bien, c'est faux, on vous a menti ; tout du moins votre entreprise ne vous a pas tout dit.
Je viens d'en faire l'amère expérience et je vous prie de croire qu'à l'heure du café, ç'a laisse une désagréable impression d'âcreté dans la bouche.
Résumé des faits :
j'ai pris mes nouvelles fonctions, nouveau bureau, nouveau chef, nouveaux collègues, etc ... il y a presque un mois (voir le billet qui retrace mon évolution professionnelle forcée). J'ai été nommé - haut la main - chef de projet sur divers projets pas franchement motivants (pour tout savoir sur la notion de gestion de projets dans l'organisation du Cadre, voir le billet du 22.03.2006).
Voilà donc que je me suis investi (pas tout à fait pleinement : j'en garde un peu sous le pied ; mon expérience passée récente m'incite à être dorénavant prudent et à ne pas tout donné dès le début) dans mes nouvelles fonctions. Chemin faisant, je fais des notes, comptes rendus de réunions, participe à des réunions, rencontre des prestataires et tout ceci dans la joie et la bonne humeur.
Bonne humeur, bonne humeur, c'est vite dit ! Parce ce que mon humeur en a pris un sérieux coup. Hier matin, un collègue (pas blagueur celui-là) m'a arrosé ma boîte mail de 11 messages. Oui, ONZE messages, plus justement 11 messages (qui remontent aux mois de janvier et février de cette année) reroutés vers moi. La suite est venue en fin de matinée lorsque le collègue mal intentionné s'est pointé dans mon bureau tout sourire pour me demander si j'avais pris connaissance de ses messages histoire de prendre ce nouveau dossier à mon compte.
Je n'ai pas lu le contenu des messages, mais me suis très vite rendu compte que le dossier en question était mis de côté depuis 4 mois à l'initiative du collègue et que le prestataire commençait à montrer quelques marques d'impatience.
Avec un peu de recul, j'ai très vite acquis le sentiment de me faire avoir ou d'être devenu le con du piège ou encore celui dont on charge la barque pour voir ce qu'il a dans le buffet. Mes capacités de résistance étant limitées, j'ai décidé de réagir. Le collègue est revenu à la charge en fin de journée et là j'ai pas mesuré la réponse à sa question que je sentais venir : "pas le temps, mec !". Depuis il ne me dit plus bonjour à la machine à café.
Je vous l'avais bien dit "Dernier arrivé, premier servi !!!!"
23:05 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : collègue, bizutage, piège à con
06.06.2006
Placard, sweet placard !
Dis moi dans quel placard es tu ? je te dirai qui tu es
Ne me parlez plus de placard je viens d'en sortir après 9 mois de purgatoire pour avoir dit tout haut à mon ex-directeur ce que d'autres cadres soupçonnaient tout bas : sa réorganisation ... ratée !
Et encore à l'heure qu'il est je ne suis pas certain d'être sorti d'affaire. Vrai, je ne suis pas pessimiste de nature, mais la lecture d'un article paru dans le quotidien La Tribune daté du 12.05.06 m'a sérieusement plombé le reste de ma semaine (heureusement qu'elle est déjà pas mal entamée)
Qu'en est-il ? Dans l'article en question intitulé "Le placard s'institutionnalise" il est fait état d'une fâcheuse tendance des managers (si il en reste) à utiliser une nouvelle variable d'ajustement qui affecte les effectifs cadres : le recours au placard ou la mise à l'écart pour durée indéterminée de ceux qui ne filent pas droit.
Attention, comme le précise le journaliste : "le placard ne s'ouvre jamais par hasard". Où il est question de seuil psychologique et d'acceptation des humiliations diverses et variées auxquelles doit faire face le placardisé. Celles qui m'ont été infligées :
- j'ai demandé un agenda papier (coût catalogue du diffuseur de produits de bureau : 5,37 €) - réponse : rupture de stock
- l'invitation au pot de départ en retraite de Madame la chef comptable - mon nom a été oublié sur la liste des invités
- deux changements de bureau en 3 semaines et il a fallu en prime que je parte à la recherche des cartons
- j'ai récupéré une chaise constellée de taches (c'est petit !) alors que la mienne était profilée pour la réalisation d'objectifs ambitieux
- un matin, j'ai retrouvé devant la porte de mon bureau un amoncellement d'effets divers et variés ; le message était clair : passe ton chemin
- la rumeur ; rien de tel dans une tentative de déstabilisation (il paraît que Machin est dépressif, il va pas bien, des gens s'occupent de son cas sous couvert on aura bien sa peau)
- les collègues (plutôt les cadres qui filent droit) qui tournent la tête en passant devant mon bureau
- ceux qui ne m'invitent plus pour prendre le café le matin, ceux qui sont venus visités mon bureau pour y prendre les meures au cas où ...
- et j'en passe
Remarquez qu'il y a aussi du positif, j'ai ainsi pu échapper à la liste de mariage de Mademoiselle la comptable qui circulait au sein des services (pas la demoiselle en tenue légère, mais la liste !), ainsi qu'aux voeux électroniques du Président pour la nouvelle année.
Pour revenir à l'article, ce qui me plombe, c'est d'apprendre que des fonctions sont créées de toute pièce pour accueillir les placardisés : chef de mission, conseiller spécial. Mince, Truc avec qui j'avais noué une relation sereine dans la perspective d'une sortie rapide de mon placard croyant qu'à son poste de chargé de mission je m'attirerais les bonnes grâces d'un directeur, était en fait lui aussi ... au fond du trou !
Bon si je fais le point aujourd'hui, je suis officiellement sorti de mon placard il y a un mois, je n'ai toujours pas de fonction attitrée, pas d'objectifs, les gens m'invitent à venir prendre le café et la moyenne d'âge dans ma nouvelle direction me met à l'abri des listes de naissance. Finalement, la fin de semaine ne s'annonce pas si mal !!!!!!!
19:45 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.06.2006
Elévation
Voilà un mois que je suis dans mon nouveau poste, nouveau bureau, nouvelles fonctions (j'en parlais dans mon billet du 04.05.06). Je ne vois pas le temps passé : entre deux réunions, voire trois, je fais des notes, je synthétise, et j'observe mon environnement pour ne pas commettre les mêmes erreurs que par le passé (récent).
Mais pour être honnête, mon nouveau statut de promeneur solitaire ne se limite pas à l'observation exclusive de mon environnement professionnel. J'ai dépassé les limites physiques de mon bureau, de mon bout de couloir, de l'édifice et me suis lancé dans l'exploration du Monde ; oui du Monde, celui qui se comprend comme un ensemble ordonné, un cosmos.
Là où certains y voient les rêveries du promeneur solitaire, j'y vois plutôt la marque d'un détachement nécessaire, d'une prise de recul (dans le monde professionnel on s'y réfère souvent sous le vocable : "sortir le nez du guidon") qui me permet de gagner en efficacité et de mieux gérer le stress.
D'ailleurs, puisqu'il est question de stress, de détachement, allez osons le terme élévation (de l'esprit), voici relaté un évènement quotidien qu'il m'arrive d'observer :
Mon bureau est à proximité d'un jardin public (un indice : au coeur de Paris). Eh bien sur l'heure du déjeuner - quelque soit le temps qu'il fait - un homme avance d'une extrémité à l'autre de l'espace les bras en croix (comme le Christ de Corcovado au dessus de Rio). Il s'agit vraisemblablement d'un cadre dont l'horloge sociale s'est arrêtée il y a un certain temps. Il porte un costume d'un autre temps aux extrémités élimées, un imperméable mal ajusté noirci par la crasse, le regard perdu dans le vide, les cheveux hirsutes, il avance et son seul moteur semble être la béatitude qu'il partage avec la nuée de pigeons qui se fixe sur toute la longueur de ses bras tendus.
A t-il atteint le nirvana professionnel ? le détachement nécessaire à l'accomplissement de ses objectifs ? Sommes nous voués à l'élévation au milieu des volatiles ?

08:10 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stress
18.05.2006
Réunion de service
Déjà deux semaines que je suis dans mes nouvelles fonctions, nouveaux locaux, nouvelles responsabilités (lire le billet "évolution professionnelle"). Je n'ai pas perdu de temps, sitôt résolus mes problèmes informatiques, je me suis fait désigné haut la main (il faut dire qu'il n'y avait pas de concurrence) chef de projet. Soit ! pas encore chef, je suis seul dans l'équipe projet, mais c'est un signe qui ne trompe pas, on s'intéresse à nouveau à moi. D'ailleurs, je suis convié à la prochaine réunion de service. Après 9 mois d'isolement, j'essaie de me remémorer les conditions d'une réunion réussie : ordre du jour clair, brièveté des interventions, qualité des supports de présentation et bien sûr convivialité.
Et question convivialité, j'ai pas mieux :
(Le monde du travail tel que vous ne l'avez jamais vu !)
22:25 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
12.05.2006
Pot de départ
Après 9 mois d'errance (professionnelle) ma mobilité est effective depuis une semaine. J'ai d'ailleurs fait un billet la semaine dernière sur mon évolution.
Je réalise - aujourd'hui - avec effroi que je ne me suis pas plié à la règle (qui prévaut dans les organisations modernes et humaines) du pot de départ.
Et c'est tant mieux :
(Le monde du travail tel que vous ne l'avez jamais vu !)
15:25 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04.05.2006
Evolution professionnelle
C'a y est ! J'y suis ...
... Dans mes nouvelles affectations = nouvelles fonctions = nouveau bureau
(vous pouvez retrouver une partie des péripéties du Cadre en consultant le billet "Prime exceptionnelle")
p
Du sixième étage, je suis redescendu à l'entre-sol (certains de mes collègues disent déjà que je suis redescendu sur terre). Ma nouvelle co-locataire de bureau (voir le billet "Occupation de l'espace") est avenante et souriante, mais n'égalera jamais mon ex-assistante.
Les gens sont gentils avec moi, j'ai eu droit ce matin à la réunion (informelle) de bienvenue devant la machine à café
La première journée a été consacrée à l'installation : j'ai déballé mes cartons de documents sans intérêts (mais mieux vaut ne pas arriver les mains vides et je montre de la sorte que je suis un homme de dossiers). Cet exercice m'a, par ailleurs, permis de constater qu'on efface vite cinq années d'activités dénuées de sens. L'opération qui va jusqu'à remplir les tiroirs m'a pris au total quinze minutes.
J'ai ensuite viré la boîte à crayons de l'ex-occupant de mon bureau et l'ai remplacée par la mienne, beaucoup plus sobre et moins ostentatoire. J'ai ainsi voulu prouver ma totale adhésion au mythe du "zéro papier" qui structure nos organisations vers l'efficacité maximale ou à plus proprement parler vers l'excellence. L'occasion était trop belle de me positionner dorénavant comme un expert de la dématérialisation. Certains parlent de qualité et de certification, moi j'agis et virtualise à tout va.
La journée a connu quelques ratés, notamment informatiques, mais rien de grave selon mes nouveaux collègues qui m'ont délivré un blanc-seing pour ne rien faire pendant les 3 jours à venir. Une installation est toujours délicate à gérer. J'ai donc perdu la base archive de ma messagerie électronique (elle a en fait été écrasée par les services informatiques qui ont oublié d'effectuer une sauvegarde préalable ce qui fait qu'en l'espace d'un déménagement je suis devenu - tout du moins électroniquement - amnésique), j'ai par ailleurs un poste informatique inutilisable parce que le réseau sur lequel je suis censé me loguer ne me reconnaît pas (et pour cause la déclaration de ma venue n'a pas été assurée), je suis donc invité sur le réseau sous un autre nom. Et encore, je vous passe la récupération de tous les identifiants et mots de passe qui me permettaient depuis ces 5 dernières années de naviguer sur le net (mais sur cette question, j'étais prévenu). Pour dire - au final - que j'éprouve cette douloureuse sensation d'être à la place d'un autre.
Et puisqu'il est question d'autre, je dois reconnaître qu'il a su marquer son territoire de façon inopinée pour ne pas dire belliqueuse : le siège du fauteuil que j'occupe dorénavant est auréolé d'une tache qui à défaut d'incontinence laisse penser que cette personne se paie aujourd'hui une bonne tranche de rire à l'idée de me savoir assis dessus.
Et je me prends à penser à cette discussion d'il y a 9 mois qui m'ouvrait durablement les portes d'un placard dorénavant plus tout à fait doré.
21:20 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










