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06.06.2006
Placard, sweet placard !
Dis moi dans quel placard es tu ? je te dirai qui tu es
Ne me parlez plus de placard je viens d'en sortir après 9 mois de purgatoire pour avoir dit tout haut à mon ex-directeur ce que d'autres cadres soupçonnaient tout bas : sa réorganisation ... ratée !
Et encore à l'heure qu'il est je ne suis pas certain d'être sorti d'affaire. Vrai, je ne suis pas pessimiste de nature, mais la lecture d'un article paru dans le quotidien La Tribune daté du 12.05.06 m'a sérieusement plombé le reste de ma semaine (heureusement qu'elle est déjà pas mal entamée)
Qu'en est-il ? Dans l'article en question intitulé "Le placard s'institutionnalise" il est fait état d'une fâcheuse tendance des managers (si il en reste) à utiliser une nouvelle variable d'ajustement qui affecte les effectifs cadres : le recours au placard ou la mise à l'écart pour durée indéterminée de ceux qui ne filent pas droit.
Attention, comme le précise le journaliste : "le placard ne s'ouvre jamais par hasard". Où il est question de seuil psychologique et d'acceptation des humiliations diverses et variées auxquelles doit faire face le placardisé. Celles qui m'ont été infligées :
- j'ai demandé un agenda papier (coût catalogue du diffuseur de produits de bureau : 5,37 €) - réponse : rupture de stock
- l'invitation au pot de départ en retraite de Madame la chef comptable - mon nom a été oublié sur la liste des invités
- deux changements de bureau en 3 semaines et il a fallu en prime que je parte à la recherche des cartons
- j'ai récupéré une chaise constellée de taches (c'est petit !) alors que la mienne était profilée pour la réalisation d'objectifs ambitieux
- un matin, j'ai retrouvé devant la porte de mon bureau un amoncellement d'effets divers et variés ; le message était clair : passe ton chemin
- la rumeur ; rien de tel dans une tentative de déstabilisation (il paraît que Machin est dépressif, il va pas bien, des gens s'occupent de son cas sous couvert on aura bien sa peau)
- les collègues (plutôt les cadres qui filent droit) qui tournent la tête en passant devant mon bureau
- ceux qui ne m'invitent plus pour prendre le café le matin, ceux qui sont venus visités mon bureau pour y prendre les meures au cas où ...
- et j'en passe
Remarquez qu'il y a aussi du positif, j'ai ainsi pu échapper à la liste de mariage de Mademoiselle la comptable qui circulait au sein des services (pas la demoiselle en tenue légère, mais la liste !), ainsi qu'aux voeux électroniques du Président pour la nouvelle année.
Pour revenir à l'article, ce qui me plombe, c'est d'apprendre que des fonctions sont créées de toute pièce pour accueillir les placardisés : chef de mission, conseiller spécial. Mince, Truc avec qui j'avais noué une relation sereine dans la perspective d'une sortie rapide de mon placard croyant qu'à son poste de chargé de mission je m'attirerais les bonnes grâces d'un directeur, était en fait lui aussi ... au fond du trou !
Bon si je fais le point aujourd'hui, je suis officiellement sorti de mon placard il y a un mois, je n'ai toujours pas de fonction attitrée, pas d'objectifs, les gens m'invitent à venir prendre le café et la moyenne d'âge dans ma nouvelle direction me met à l'abri des listes de naissance. Finalement, la fin de semaine ne s'annonce pas si mal !!!!!!!
19:45 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










